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Romancières 16/17

Du 6 décembre 2016 au 4 avril 2017

A travers l’œuvre littéraire de six femmes, l’Université Populaire de Bordeaux propose de (re)découvrir ce que les romancières d’hier et d’aujourd’hui écrivent afin de voir comment elles perçoivent le monde, comment elles en rendent compte et le donnent à comprendre, et comment elles nous aident à mieux déchiffrer ce que nous sommes.

Tout au long de l’année, des spécialistes de Elsa Morante, d’ Ursula Le Guen, de Nadine Gordimer, D’Aulnay-sous-Bois, et d’Adichie (re)liront les textes de ces écrivaines, s’attardant plus longuement sur certains volumes de leur choix que nous vous invitons à explorer. Le but de ce cycle de conférences est simple : transmettre un plaisir de la lecture pour donner envie de (re)lire et faire connaître les œuvres de celles qui pensent par l’écrit.

Les conférences auront lieu un mardi par mois, de 18h à 19h30 soit à la Machine à Musique (13-15 rue du Parlement Ste Catherine) soit à la Zone du Dehors (68 Cours Victor Hugo)
Entrée libre et gratuite, sans réservation.

Le mardi 6 décembre 2016

Assia Djebar

Assia Djebar est décédée le 6 février 2015 à Paris. Élue à l’Académie française en 2005, elle était une pionnière. Elle lègue une œuvre riche et diverse : onze romans, des pièces, des nouvelles, des films. « Assia, c’est la consolation, et Djebar, l’intransigeance. Quel beau choix », dit Pierre-Jean Rémy dans son discours de réception à l’Académie, où il retrace l’engagement et la résistance d’Assia Djebar. De son vrai nom Fatma-Zohra Imalhayène, elle est née le 30 juin 1936 à Cherchell. Son père, instituteur, choisit de mener sa fille sur le même chemin qu’il a lui-même parcouru. Assia Djebar fait toute sa scolarité en français après un bref passage à l’école coranique. À l’issue de son hypokhâgne à Alger, elle arrive au lycée Fénelon à Paris pour un an de khâgne. En 1955, elle est la première étudiante algérienne à intégrer l’École normale supérieure, à Sèvres, où elle choisit l’étude de l’Histoire. Elle en sera exclue pour avoir suivi le mot d’ordre de grève lancé le 19 mai 1956 par l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGÉMA). Elle publie alors son premier roman, La Soif (1957). À 22 ans, elle épouse l’écrivain Walid Garn, pseudonyme du militant et homme de théâtre algérien Ahmed Ould-Rouis, avec qui elle écrit Rouge l’aube (1969). Tous deux mettent en scène plusieurs pièces à Montparnasse, avant de divorcer. Elle épouse en secondes noces le poète Malek Alloula et écrit avec lui le film La Zerda ou le chant de l’oubli (1982). Pendant la guerre d’Algérie, Assia Djebar voyage au Maroc et surtout en Tunisie où elle mène des enquêtes auprès des réfugiés algériens dont on retrouve la trace dans son quatrième roman Les Alouettes naïves (1967). Le 1er juillet 1962, elle est nommée professeure d’histoire à l’université d’Alger. Mais la question de la langue nationale et d’enseignement occupe rapidement le débat politique. Assia Djebar s’oppose à l’arabisation forcée et défend une Algérie plurilingue et multiculturelle. Se présentant comme une migrante, l’écrivaine est appelée à se déplacer continûment entre trois continents (Afrique, Europe, États-Unis). Son œuvre témoigne de la nécessité de l’écriture autobiographique, du détour par le reportage journalistique puis le cinéma pour éprouver l’efficacité d’autres modes du dire. La question de la langue est obsédante : pourquoi écrire en français ? Comment écrire en français quand on est héritière d’une constellation linguistique où se concurrencent déjà plusieurs langues : arabe littéraire, arabe parlé, berbère ancestral ? D’un texte à l’autre reviennent les thèmes du vécu féminin refoulé, de la violence de l’Histoire, de la mémoire…

Les ouvrages dont il sera question : L’Amour, la fantasia ; Loin de Médine ; Oran langue morte ; Femmes d’Alger dans leur appartement

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La conférence sera présentée par Mounira CHATTI, professeure à l’université Bordeaux Montaigne. Elle est l’auteure de La fiction hérétique ; Créations littéraires arabophones et francophones en terre d’islam (Classiques Garnier, 2016), La traduction comme expérience des limites, Les écritures franco-arabes (PUB, 2016). Elle a dirigé Littératures plein Suds. Langues, histoire, mémoire (Marsa Éditions, juin 2015), Sexe, genre, identité (L’Harmattan, 2013) et Femmes et création (L’Amandier, 2012). Elle a publié un roman, Sous les pas des mères (L’Amandier, 2009).

Le mardi 6 décembre 2016 de 18:00 à 19:30
Machine à Musique

13-15 rue du Parlement Sainte Catherine - Bordeaux

Le mardi 17 janvier 2017

Véronique Tadjo

Véronique Tadjo est une romancière incontournable de la scène littéraire africaine contemporaine. Loin de mon père est sa sixième œuvre de fiction. Publié en 2010, ce roman narre l’histoire de Nina, métisse franco-ivoirienne de retour dans son pays natal pour enterrer son père.
Mettant en lumière les problématiques de son époque liées à une culture duelle, la romancière décrit les tourments intérieurs de son protagoniste face aux traditions mortuaires ivoiriennes. Elle dépeint aussi les difficultés liées à l’exil, renforcées par le contexte socio-politique ivoirien violent de l’époque. La singularité de ce partage de lecture résidera dans l’entremêlement de la prose et de la poésie rencontré dans l’œuvre de l’écrivaine, son roman renfermant des éléments contenus dans l’un de ses recueils poétiques, publié dix ans auparavant, A mi-chemin.

Cette conférence sera animée par Sabrina Medouda, doctorante en Lettres Modernes. Spécialisée dans la littérature féminine, elle s’est intéressée à l’œuvre de la dramaturge anglaise Sarah Kane et de la poétesse brésilienne Anna Cristina Cesar. Ses travaux sont actuellement axés sur les ouvrages de Tanella Boni et Véronique Tadjo rédigés durant les années de guerre civile en Côte d’Ivoire. La question de la création littéraire féminine comme contre-dispositif en temps de violence est son pôle de recherche principal. Elle mêle dans son corpus des textes poétiques et fictionnels afin d’y étudier les croisements entre les genres et les effets littéraires qui en découlent.

Le mardi 17 janvier 2017 de 18:00 à 19:30
Machine à Musique

13-15 rue du Parlement Sainte Catherine - Bordeaux

Le mardi 21 février 2017

Virginia Woolf

Virginia Woolf est une femme de lettres anglaise, l’une des principales autrices modernistes du XXe siècle, et une féministe. Dans l’entre-deux-guerres, elle est une figure marquante de la société littéraire londonienne

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La conférence sera présentée par Adèle Cassigneul. Professeure agrégée à l’Université de Bordeaux, elle a soutenu une thèse sur l’influence de la photographie et du cinéma sur l’œuvre de Virginia Woolf et a publié divers articles sur le sujet en France et en Angleterre. Contributrice régulière à la revue en ligne laviedesidees.fr, elle travaille actuellement à la publication de sa thèse aux Presses universitaires du Midi.

Le mardi 21 février 2017 de 18:00 à 19:30
Machine à Musique

13-15 rue du Parlement Sainte Catherine - Bordeaux

Le mardi 14 mars 2017

George Sand

Romancière, auteur dramatique, critique littéraire française, journaliste, George Sand compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d’œuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. Elle prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d’une société conservatrice.
Bien qu’écrits à des dates sensiblement proches, les romans Mauprat (1837) et Consuelo (1842) traitent de sujets a priori très différents ; dans le premier cas, c’est dans sa chère campagne du Berry que George Sand campe, à l’orée de la Révolution, le personnage masculin de Bernard Mauprat, dernier rejeton de la branche aînée d’une famille connue pour ses actes de violence et de cruauté, tandis que le second roman, qui se déroule à la fois dans le cadre fastueux de Venise et les paysages enchanteurs de la Bohême, met en scène les aventures d’une jeune gitane qui ne possède que sa voix d’or pour progresser dans le monde. Toutefois, George Sand invite dans les deux cas son lecteur à exercer un regard critique sur une société prompte à marginaliser, à condamner et à menacer ceux qui se montrent désireux d’en modifier les cadres établis. A la fois grandes histoires d’amour, réflexions politiques et sociétales, et véritables odes à la nature et à ses merveilles, Mauprat et Consuelo nous incitent à prendre toute la mesure de l’attention portée par George Sand aux inégalités et aux injustices de son temps.

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La conférence sera présentée par Marine le Bail, spécialiste de la littérature française du XIXe. Elle enseigne à l’Université Toulouse II Jean Jaurès. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, elle travaille sur les écrivains bibliophiles, s’attachant particulièrement au fonds manuscrit des frères Paul et Jules Lacroix, à la bibliothèque de l’Arsenal de Paris.

Le mardi 14 mars 2017 de 18:00 à 19:30
Machine à Musique

13-15 rue du Parlement Sainte Catherine - Bordeaux

Le mardi 4 avril 2017

Annie Ernaux

Annie Ernaux est une auteure française, professeure de lettres. Son œuvre littéraire, pour l’essentiel autobiographique, entretient des liens étroits avec la sociologie.
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Jeune chercheuse appartenant au laboratoire PLH à l’Université Toulouse Jean Jaurès, Roselyne Estelle Kouadio travaille sur le récit de soi d’Annie Ernaux depuis deux ans sous la direction de Sylvie Vignes. Sa thèse intitulée « Le récit de soi entre intimité et extimité : écrire la vie et Mémoire de fille d’Annie Ernaux  », interroge la singularité de l’écriture du sensible de cette écrivaine. Elle a publié un article « Le corps inerte dans le récit autobiographique d’Annie Ernaux » et co-organise la Journée d’Étude Jeunes chercheurs 2017 autour du thème « La nuit, entre chaos et cosmos ».

Le mardi 4 avril 2017 de 18:00 à 19:30
Machine à Musique

13-15 rue du Parlement Sainte Catherine - Bordeaux

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