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Chaire sur le pouvoir

Du 11 janvier au 31 mai

Qui a le pouvoir ?
Comment se traduit-il ?
En économie, en psychologie, en Histoire ancienne, en sciences politiques, en philosophie, chez Coluche ou sur la question du conflit israelo-palestinien, cette chaire contiendra plus d’une dizaine de conférences. Elle sera portée par de nombreux intervenants et intervenantes venant de domaines variés pour s’attaquer au pouvoir.

Pouvoir comprendre le pouvoir, c’est peut-être le début du contre-pouvoir ?

INFOS PRATIQUES :
Toutes les chaires auront lieu le Jeudi de 19h à 21h à l’Amphi Denucé.
Parce que les échanges sont essentiels, chaque conférence comporte un temps de questions/réponses.

Le jeudi 11 janvier 2018

Pouvoir, économie, et capitalisme 1

L’objet de ce cours sera d’étudier les rapports entre économie et pouvoir. La notion de pouvoir est un banni récalcitrant dans la science économique, en ce sens que les économistes ont pu vouloir essayer de gommer les relations de pouvoir et de domination pour analyser le fonctionnement du système capitaliste, mais paradoxalement le retour du refoulé est inévitable pour comprendre certains des traits fondamentaux du capitalisme, qu’il s’agisse de l’entreprise, du rapport salarial, de l’Etat ou même de la monnaie et de la finance. Nous proposerons alors de voir comment on peut analyser le pouvoir par l’analyse économique et comment l’appréhension du pouvoir modifie notre perception des phénomènes économiques.

Pour cela, la première séance sera dédiée au rapport ambigu voire mal à l’aise que la théorie économique officielle a pu entretenir pendant longtemps avec cette notion et des notions proches (domination, autorité, rapports de force etc.), en partant de l’histoire de la pensée. On rappellera que ce malaise n’est pas sans lié bien évidemment à la dimension politique de l’économie.

I. Le rapport ambigu de l’économie au pouvoir : un regard par l’histoire de la pensée économique
A. Les mercantilistes : l’économie politique au service du pouvoir du gouvernement
B. Les classiques : entre ordre naturel et reconnaissance du rôle des rapports de force dans l’explication de la répartition
C. Marx : la critique de l’économie politique, ou la révélation des rapports de domination cachés
D. Des marginalistes à l’économie mainstream des années 1960 : la tentative de masquer le pouvoir

Le jeudi 11 janvier 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 18 janvier 2018

Pouvoir, économie, et capitalisme 2

La seconde séance sera dédiée à l’appréhension plus précise du concept pouvoir (et de notions proches) sous l’angle des travaux philosophiques comme ceux de Michel Foucault, ainsi que les travaux proprement économiques sur le pouvoir dans les approches de l’ancien institutionnalisme et du néo-institutionnalisme. On verra en quoi le pouvoir est lié à une distribution inégale des ressources et une interdépendance des agents économiques, et en quoi les institutions sont le produit du pouvoir tout en véhiculant des pouvoirs.

II. La nature du pouvoir dans les approches sociologiques et dans l’économie institutionnalistes et néo-institutionnalistes
A. Les analyses foucaldiennes et bourdieusiennes du pouvoir et de la domination
B. Les institutionnalistes américains : institutions et pouvoir
C. Le néo-institutionnalisme économique mainstream : de la négation au retour du pouvoir refoulé (l’autorité et le pouvoir politique)
D. Sources et formes du pouvoir : inégalités de distribution des ressources, interdépendances et coordination
i. Le pouvoir de monopole : rareté, dépendance et rivalité
ii. Théorie des jeux, interdépendance stratégique et pouvoir
iii. Le pouvoir institutionnel et symbolique
iv. Pouvoir de jure, de facto et autorité

Le jeudi 18 janvier 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 1er février 2018

Pouvoir, économie, et capitalisme 3

Les deux dernières séances porteront sur l’analyse concrète des institutions essentielles du rapport capitaliste, qui peut s’appréhender comme un pouvoir : la propriété privée, le marché, le rapport salarial, la monnaie, l’entreprise et l’Etat. On s’inspirera des travaux de la Théorie de la Régulation, qui mettent en avant l’évolution des rapports de force pour comprendre les transformations du capitalisme, ce qui rejoint alors un certain nombre des propositions de Marx.

III. Capitalisme, pouvoir et institutions (1) : les conséquences de l’appréhension du capital comme pouvoir ou le retour du refoulé marxiste
A. Les formes institutionnelles du capitalisme et le pouvoir dans la Théorie de la Régulation :
i. Le droit de propriété
ii. La monnaie
iii. Le rapport salarial
iv. L’entreprise
v. L’Etat
B. Le capital comme pouvoir (Bichler et Nitzan) ou capture (Lordon)
C. Exploitation, plus-value et pouvoir

Le jeudi 1er février 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 8 février 2018

Pouvoir, économie, et capitalisme 4

Les deux dernières séances porteront sur l’analyse concrète des institutions essentielles du rapport capitaliste, qui peut s’appréhender comme un pouvoir : la propriété privée, le marché, le rapport salarial, la monnaie, l’entreprise et l’Etat. On s’inspirera des travaux de la Théorie de la Régulation, qui mettent en avant l’évolution des rapports de force pour comprendre les transformations du capitalisme, ce qui rejoint alors un certain nombre des propositions de Marx.

IV. Capitalisme, pouvoir et institutions (2) : les conséquences de l’appréhension du capital comme pouvoir ou le retour du refoulé marxiste
A. Transformations du capitalisme, blocs hégémoniques et crises politiques : l’analyse des transformations du capitalisme par les compromis et les rapports de force
B. Formes et diversité du capitalisme et formes des rapports de pouvoir

Le jeudi 8 février 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 1er mars 2018

La liberté d’expression

Les attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo de janvier 2015 ont suscité une réaction curieuse. D’un côté, des millions de Français sont descendus dans les rues pour défendre la « liberté d’expression ». D’un autre côté, le gouvernement a pris toute une série de mesures restreignant la liberté d’expression - durcissement de la loi interdisant l’apologie du terrorisme, mise en place de l’état d’urgence, etc. – sans que personne, ou presque, ne relève la contradiction. Cette présentation part de ce fait de quasi actualité pour tenter de répondre aux questions suivantes : la liberté d’expression peut-elle être totale ? Est-elle plus grande dans un Etat laïque/sécularisé que dans une théocratie ? La France est-elle, encore, un état de droit ?

Le jeudi 1er mars 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 8 mars 2018

Emotions et guerres

Les émotions jouent un rôle central dans la guerre, et ce de deux manières. Elles sont, d’abord, un moteur de la violence. C’est évident si l’on pense aux émotions « négatives » comme la haine, la colère ou le désir de vengeance. Elles sont aussi un objet de la stratégie militaire comme quand un groupe politique ou un Etat décide de faire usage de la violence pour générer des sentiments de peur ou de terreur. La présentation passe en revue ces deux modalités de la relation émotions/guerres au cours du XXe siècle. Cela nous conduira, notamment, à nous poser les questions suivantes : les émotions négatives sont-elles le seul moteur de la violence ? Le « terrorisme » - entendu comme la stratégie consistant à faire usage de la violence pour terroriser les populations – est-il une stratégie efficace ? Est-il vrai que les occidentaux ne pratiquent plus, aujourd’hui, cette stratégie ?

Le jeudi 8 mars 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 15 mars 2018

Palestine, Israël, de quels pouvoirs s’agit-il ?

Palestine-Israël, le plus vieux conflit colonial en cours.
Comment sur ce territoire de l’Empire ottoman est né un peuple palestinien ?
Comment Israël, un Etat sans frontières définies, a pu naître d’un mouvement politique minoritaire, le sionisme, adoubé par l’impérialisme britannique puis par la « communauté internationale » après la Shoah ? Que peut vouloir dire la formule « Etat juif et démocratique » ?
Aujourd’hui,que peut signifier la reconnaissance par de nombreux Etats de l’Etat de Palestine visiblement sans pouvoir ? Quelles sont les spécificités du pouvoir israélien ?

Le jeudi 15 mars 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 5 avril 2018

Penser le pouvoir à l’époque contemporaine

Penser le pouvoir à l’époque contemporaine, Michel Foucault, Hannah Arendt, Giorgio Agamben

La modernité se caractérise par le développement d’un pouvoir sur la vie (le biopouvoir) qui s’immisce dans les corps et prend en charge les sujets. Comment s’exerce t-il ? Exclus de la décision politique, les sujets deviennent dans leur vie même les objets de l’ordre politique. Plutôt qu’appeler à une révolution qui ne serait qu’un jeu de passe-passe d’un pouvoir à un autre, expérimentons ce qui reste ingouvernable dans nos vies, ce qui rend inopérantes les manœuvres prédatrices. Résister, en ce sens, c’est décider de ne plus « donner prise ».

Le jeudi 5 avril 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 26 avril 2018

Le pouvoir chez les Grecs

Description à venir

Le jeudi 26 avril 2018 de 19:00 à 21:00
Amphi Denucé - Université Bordeaux Victoire
Le jeudi 3 mai 2018

Le pouvoir, une clinique singulière

Dans le champs de la psychanalyse, le pouvoir est logé dans la parole. Il prend appui sur le rapport singulier que le sujet entretient avec un savoir sur sa vérité propre. De ce noeud, qui lie pouvoir et savoir, peut s’extraire une jouissance singulière pour le sujet, ainsi que les effets qu’elle produit.
Dans la perversion, il y a confusion de la jouissance de l’autre avec celle du pervers. C’est en se faisant le démonstrateur de la jouissance de l’autre, que le pervers parvient à rejouer sa propre division en tant que sujet.
Il s’agira donc d’entrevoir la question du pouvoir d’un point de vue clinique à travers un éclairage que nous ferons de la pulsion, du fantasme et de la perversion.

Le jeudi 3 mai 2018 de 19:00 à 20:30
Pôle juridique et judiciaire de l'université de Bordeaux- SALLE RE

35 place pey berland .

Le jeudi 17 mai 2018

Prise de parole

Nous sommes aujourd’hui les témoins d’une parole qui se libère. Les dénonciations, les plaintes mettent en exergue la notion d’un pouvoir singulier dans les sociétés. Des témoignages parviennent en abondance, ils sont variés et à la fois singuliers. Ils ont toutefois une résonance qui se loge, pour la plupart, du coté du traumatisme.
Harcèlement et agression sexuelle interrogent une face cachée des rapports humains à laquelle la clinique est ici convoquée. Aborder ici la question du pouvoir est-ce interroger les enjeux de la parole libre ?

Le jeudi 17 mai 2018 de 19:00 à 20:30
Pôle juridique et judiciaire de l'université de Bordeaux- AMPHI ELLUL

35 place pey berland .

Le jeudi 31 mai 2018

Humour et pouvoir : Quant Coluche « fout la merde » en politique

A la fin de l’année 1980, le comique français Michel Colucci, dit Coluche, est une grande vedette populaire et sa carrière est telle qu’il n’a, a priori, aucun intérêt à embrasser une carrière politique. C’est pourtant ce qu’il fait en se présentant à la présidence de la République. Sa candidature produit une telle effervescence qu’il est question d’un « phénomène Coluche ». Sa candidature est crédible, des comités de soutien se forment dans toute la France, et il se voit crédité de 10% à 16% d’intentions de vote dans la première quinzaine de décembre 1980.

La crédibilité de cette candidature n’était pas certaine : Coluche est un comédien de théâtre et de cinéma dont le premier objectif est de plaire et de faire rire. Il ne possède pas les titres requis pour prendre position dans le champ politique, il ne s’est jamais affiché dans un parti. De plus, il présente sa candidature comme une provocation : il veut « foutre la merde », « emmerder les hommes politiques » et il avoue qu’il ne souhaite pas être élu. Pourtant, il est pris au sérieux. Durant plusieurs semaines, il est insulté et calomnié par de nombreux journalistes et professionnels de la politique, il est menacé et subit des pressions et ses soutiens, même les plus importants, sont eux aussi insultés.

Pourquoi le citoyen Coluche, artiste comique, se voit-il réserver un tel sort ? La manière dont la candidature prend et tous les rappels à l’ordre qui se produisent dévoilent qu’il existe des règles à respecter pour entrer dans le jeu politique et montrent les limites de la démocratie liée à la Ve République. S’il est ainsi toujours permis de rire du pouvoir, il reste interdit de « foutre la merde » ou le « foutre le bordel ».

Le jeudi 31 mai 2018 de 19:00 à 21:00
Pôle juridique et judiciaire de l'université de Bordeaux- Salle 1 J

35 place pey berland .

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