Rendez-vous le samedi 21 mars à 10h, à la bibliothèque Flora Tristan, on arpentera le livre “Sortir de la maison hantée, comment l’hystérie continue d’enfermer les femmes” de Pauline Chanu, dans le cadre du festival La Fabrique du citoyen : https://bibliotheque.bordeaux.fr/agenda/les-evenements/la-fabrique-du-citoyen
Cet arpentage ainsi que les cinq autres prévus vont explorer le thème de notre santé mentale, cet enjeu aussi intime que social et politique.
Pour en lire davantage et poursuivre la discussion :
– samedi 14 mars à 9h30, à la bibliothèque de Bordeaux-Lac : Enfants, sujets politiques – Les jeunes générations face à la crise du COVID – Jessica Brandler
– samedi 14 mars à 14h30, à la bibliothèque de Mériadeck : La santé mentale, vers un bonheur sous contrôle – Matthieu Bellahssen (+ rencontre à 18h)
– mercredi 18 mars à 14h, à l’échoppe séniors Belcier : Solitude, dialogue sur l’engagement – Jean-François Serres
– samedi 20 mars à 9h30, à la Fourmilière du Grand Parc : Folie et résistance – Claire Touzard
– samedi 21 mars à 14h, bibliothèque de Mériadeck : Podcast “Folie douce” de Lauren Bastide (+ rencontre à 17h)
Inscription auprès de la bibliothèque : bibli@mairie-bordeaux.fr
Sapristi, mais c’est quoi un arpentage ?!
Il s’agit d’une technique de lecture collective et subjective d’un ouvrage scientifique qu’on aurait du mal à lire seuls. Un ouvrage est déchiré en autant de partie que de lecteurs. Chaque personne présente lit un extrait et en fait par la suite une restitution subjective. Cela permet de désacraliser le savoir et de s’approprier des écrits parfois techniques et peu accessibles tout en les liant avec un vécu, des expériences.
Présentation du livre :
L’hystérie n’est-elle qu’une fiction du passé ? On l’associe généralement à un diagnostic obsolète, né de l’esprit d’hommes de la fin du XIXe siècle et resté figé dans les mémoires par les photographies de femmes en train de faire l’arc de cercle, pieds et mains au sol, les yeux révulsés. Supprimée des classifications psychiatriques, l’hystérie est supposée avoir aussi disparu du vocabulaire juridique. Le terme peut même nous faire sourire tant son caractère misogyne relève aujourd’hui de l’évidence.
Et pourtant, l’hystérie continue de nous hanter. Elle est toujours présente dans les cabinets des médecins, les couloirs des hôpitaux psychiatriques, au sein des cours de justice, des commissariats de police, dans nos familles et nos imaginaires. Si ce signifiant flottant se terre parfois sous d’autres noms, il s’agit toujours de faire des femmes des folles pour cacher les violences dont elles sont réellement victimes.
Car l’hystérie ne tombe pas du ciel : pour qu’il y ait ” hystérisation “, il faut d’abord des ” hystériseurs “.
À partir de rencontres avec des femmes psychiatrisées, d’affaires contemporaines, d’entretiens avec des historien.nes, des avocat.es, des médecins, d’archives d’hôpitaux, de témoignages laissés par des autrices internées, Pauline Chanu exhume la voix des femmes enfouies sous les diagnostics et nous invite à laisser parler les fantômes. Celles-ci nous montrent la porte de sortie de la maison hantée.
