Après avoir cherché, lors des arpentages précédents, les causes et conséquences de la discrimination de genre et du patriarcat du côté du discours médiatique, du social puis de la dimension économique, il est un nouvel angle à explorer : celui de la psychologie, par le biais de la pionnière du care. Face à l’adversaire global du « patriarche », nous pourrions opposer une patiente introspection de ce qui a lieu individuellement en chacun-e de nous, dans l’intimité de nos liens affectifs avec l’autre ou de la perte de ces liens. Et peut-être en profiter pour redéfinir ce qu’implique pour nous une « démocratie » vraiment égalitaire (et pacifique) ?
Rendez-vous le dimanche 24 mai à 14h30 au 14 rue des douves (ce n’est PAS la Halle des douves), pour arpenter le livre Pourquoi le patriarcat de Carol Gilligan et Naomi Snider en bonne compagnie. Canapés, tisanes, cafés garantis. Et on prendra du temps pour discuter du sujet et de ce qui vous y amène.
Sapristi, mais c’est quoi un arpentage ?!
Il s’agit d’une technique de lecture collective et subjective d’un ouvrage scientifique qu’on aurait du mal à lire seuls. Un ouvrage est déchiré en autant de partie que de lecteurs. Chaque personne présente lit un extrait et en fait par la suite une restitution subjective. Cela permet de désacraliser le savoir et de s’approprier des écrits parfois techniques et peu accessibles tout en les liant avec un vécu, des expériences.
Résumé par l’éditeur :
Carol Gilligan est l’auteur d’un livre capital, célébré dans le monde entier : Une voix différente, qui a forgé l’éthique du care, centrale aujourd’hui dans les réflexions sur le féminisme et la démocratie. Son nouveau livre, Pourquoi le patriarcat ?, avance une hypothèse psychologique nouvelle sur la persistance du patriarcat. S’il perdure, c’est non seulement parce que les personnes en position de pouvoir sont réticentes à renoncer à leurs privilèges, mais aussi parce qu’il sert une fonction psychologique. Dans la mesure où il requiert le sacrifice de l’amour au nom de la hiérarchie (songeons à Abraham qui se soumet à l’ordre divin en tuant son fils Isaac), le patriarcat s’érige en rempart contre la vulnérabilité associée au fait d’aimer. Par là même, il se dresse en bouclier contre la perte. La simple prise de conscience que c’est notre capacité à communiquer nos sentiments personnels et à capter ceux des autres qui menace les structures hiérarchiques change entièrement la donne.
Une thèse forte, et un combat résolument actuel.
Gilligan Carol et Snider Naomi, Pourquoi le patriarcat ?
Ed. Flammarion, Champs Essais, 2019 – 2021. 239 p.
(date de parution aux USA : 2018)
